Ce qui m'a d'emblée séduit chez FALISSE, c'est cette fascination qu'il a pour les animaux (fascination que je partage, étant moi-même un passionné de chevaux), ainsi que cet engouement pour tous ces éléments de récupération métallique qu'il utilise comme base de travail.
Mais le plus surprenant dans son oeuvre, c'est qu'il n'explique pas, qu'il ne réduit pas à des images cette Nature dont nous ressentons tous un peu en nous le frémissement.
FALISSE stimule l'imagination en montrant une réalité inversée et parfois mystérieuse. Il désarticule les corps, et les reconstruit dans un <chaos ordonné>. Ainsi il ne suggère pas le mouvement? il le capte.
Chacun des éléments qui compose la forme totale, a son autonomie, sa propre valeur individuelle.
Cette individualité est indispensable pour que l'ensemble ait le maximum de rayonnement. Ainsi la combinaison des éléments pleins et des tiges d'acier intervertit les aspects de la réalité pour construire un rythme qu'il a lui-même déterminé. Cette Présence de rythme est si évidente que devant l’œuvre de FALISSE on pense inévitablement à une correspondance musicale, avec ses mouvements et ses mesures. L'espace n'est plus alors une scène banale sur laquelle il campe ses acteurs mais une matière vivante qui traverse ses combinaisons de tiges d'acier, qui vibre avec ses animaux en <balade>, qui écoute et prolonge la musique de la Nature elle-même.
Avec FALISSE, la sculpture n'est plus synonyme de <statue>, lourde et massive.Elle devient légère et transparente.
Il possède cette faculté étonnante de façonner des œuvres extraordinairement vivantes.
Et, c'est pourquoi je les aime.
Jean-Paul GUERLAIN, Paris, France